Spécifique
Mesdames et messieurs, chers collègues,
C'est avec beaucoup d'émotion que je vous soumets aujourd'hui le fruit de près de dix-huit mois de travail. Je souhaite féliciter et remercier dès maintenant l'équipe pluridisciplinaire qui s'est mobilisée autour de Jean-Claude Gaillot.
En effet, aujourd'hui nous devons décider de la création d'Energies POSIT'IF, concrétisation d'un projet majeur de notre mandature et première Société d’Economie Mixte de rénovation du bâti et développement des énergies renouvelables en France, qui correspond aux défis que nous avons identifiés à l’occasion du Plan Régional pour le Climat que vous avez adopté en juin dernier.
Un impératif, économique, social et environnemental
Notre région est dépendante à plus de 90% pour ses approvisionnements en énergie. Réduire cette dépendance est une action de bon sens, économique et social. Parallèlement à l’accroissement de l’efficacité énergétique, nous avons donc besoin de développer les énergies renouvelables locales qui permettent à la fois de dynamiser le tissu économique et de diminuer les capitaux qui sortent du territoire.
Avec les transports, sur lesquels la Région est très fortement engagées comme vous le savez, le secteur du bâtiment est central dans la lutte contre les changements climatiques et pour la mise en œuvre de notre plan climat régional.
Au-delà des émissions de gaz à effet de serre, l’enjeu social est de taille : il y a déjà plus de 300 000 ménages en situation de précarité énergétique et elle gagne du terrain. Ce phénomène pourrait s’accélérer avec le renchérissement prévisible du prix de l’énergie, et une tendance accrue à la précarisation sociale générale.
Rénover les logements est donc un impératif. Avec 70% de logements collectifs qui ne sont quasiment pas concernés par les dispositifs existants d'encouragement à l'isolation, nous avons à inventer des solutions adaptées à notre territoire : c’est l’objet même de la SEM Energies POSIT’IF que d’inventer des solutions nouvelles. Je tiens à souligner que la question du parc de maisons individuelles, tout aussi importante que celle des logements collectifs, sera elle traitée avec des outils dédiés, dans le cadre de la révision de la politique énergie.
Innover pour engager la transition énergétique
Nous répondons maintenant et concrètement à trois attentes :
- rendre possible la rénovation des bâtiments à niveau BBC avec un mécanisme innovant de tiers financement
- permettre le développement effectif de projets de production d'énergies renouvelables
- apporter une expertise indépendante au service des collectivités territoriales qui le désirent
Il y a dans notre région de nombreux projets de production d’énergie renouvelable qui sont sur le point de voir le jour, qu’ils soient portés par des collectivités ou des entrepreneurs, et qui ne se concrétisent pas, faute d’un contexte national favorable et faute d’investisseur aux attentes de rentabilité raisonnable. Energies POSIT’IF aura vocation à participer à des investissements dans des projets de méthanisation, de cogénération sur base de biomasse ou encore dans l’éolien. Le souci sera double :
- soutenir le secteur économique des énergies renouvelables en participant aux investissements
- se réapproprier ces projets afin qu’ils soient mis aux services des territoires et des citoyens.
Concernant la rénovation des bâtiments, il s’agit essentiellement de participer à l’amorçage d’un marché. Pour ce faire, Energies POSIT’IF innove en proposant une offre intégrée, du financement à la gestion du chantier. En particulier, comme vous le savez, Energies POSIT’IF mobilisera le mécanisme du tiers financement qui consiste à utiliser les économies d’énergies pour rembourser les investissements, au moyen d’un financement de long terme. Les ménages n’auront pas à avancer l’investissement, ils seront gagnants dès la fin des travaux et les économies seront faites à un niveau compatible avec l’atteinte du facteur 4.
Un autre enjeu central de la rénovation est la capacité des entreprises franciliennes à répondre au besoin de rénovation énergétique. Notre volonté est que les artisans, TPE et PME du bâtiment puissent y trouver un nouveau souffle, se former, et ne pas laisser ce marché à de grands groupes sous traitant dans des conditions discutables et avec des résultats peu satisfaisants. La SEM Energies POSIT’IF jouera son rôle en ce sens et permettra que des chantiers de rénovation de haute qualité soient accessibles aux TPE-PME.
En somme, notre objectif est bien de faire entrer l'amélioration énergétique de l'habitat et le développement des énergies renouvelables dans le quotidien des Franciliennes et Franciliens. Pour rentre la transition énergétique concrète, il faut en effet savoir innover quand c'est nécessaire. Avec Energies POSIT'IF, les collectivités territoriales et leurs partenaires assument leurs responsabilités par la conception d'un nouvel outil au service de l'intérêt général et d’une conversion écologique et sociale solidaire.
Le vendredi 24 juin 2011
Depuis que nous avons décidé de doter la région ile de France d’un plan climat, le temps semble s’être accéléré. Les enjeux du climat et de l’énergie se sont imposés dans le débat public comme jamais auparavant.
2010 est l’année la plus chaude depuis que l’on mesure les températures selon l’organisation météorologique mondiale, chaque décennie voit la température globale augmenter de 0,2 degrés.
2010 a vu aussi le record d’évènements météorologiques extrêmes.
Les débats d’hier dans cet hémicycle autour de la sécheresse et de ses impacts sur notre agriculture témoignent de notre fragilité. La multiplication des sécheresses et périodes de forte chaleur sont des impacts prévisibles des changements climatiques identifiés par météo France concernant notre territoire. Nous en avons aujourd’hui une conscience aigue.
Par ailleurs, l’évolution des prix de l’énergie est chaque jour plus inquiétante. La précarité énergétique frappe déjà durement notre territoire et le phénomène s’aggrave, il frappe les ménages bien sur, mais aussi les artisans, agriculteurs et petites entreprises.
Enfin, le combat autour des gaz et huiles de schistes et l’accident de fukushima mettent l’ensemble de la problématique énergétique au cœur du débat public.
L’adoption d’un plan climat n’aura donc jamais été autant d’actualité.
Nous sommes au carrefour d’une crise, environnementale, économique et sociale. On l’a vu hier avec les débats autour de la SRDEI, c’est bien notre modèle de développement, et au cœur de celui-ci notre dépendance énergétique, qui est en question.
Pour autant, nous sommes dans un contexte difficile.
Les négociations internationales butent sur les égoïsmes nationaux depuis plusieurs années. Au niveau européen, on admet que les politiques mises en œuvre ne suffiront pas, notamment en matière d’efficacité énergétique.
Au niveau national, les retards et reculs dans la mise en œuvre des engagements du Grenelle s’accumulent. La ministre elle-même convoque une nouvelle réflexion en urgence…
Pour ce qui nous concerne directement, le blocage du SDRIF nous a fait perdre un temps précieux.
On le voit bien, réaffirmer, en tant que Région ile de France, notre volonté d’assumer nos responsabilités nous donne une feuille de route : devoir d’exemplarité et de mobilisation de nos politiques au service du territoire, mais devoir aussi de modestie et de participation à la mobilisation politique globale pour que les échelons supérieurs cessent de se dérober à leurs responsabilités.
Réaffirmer notre engagement. En effet, en adoptant une politique énergie dès 2001, en se dotant d’un objectif ambitieux de facteur 4 en 2030 au travers du SDRIF, en intégrant des exigences fortes dans nos politiques sectorielles, nous étions déjà mobilisés.
Ce plan climat n’est ni le début, ni la fin de notre action mais une nouvelle impulsion.
Pour l’élaborer, outre un travail approfondi d’analyse des enjeux et de concertation avec les acteurs du territoire, nous avons cherché l’efficacité de l’action. Nous avons donc adopté une stratégie de croisement entre les enjeux identifiés et nos compétences et politiques.
Cette stratégie détermine à la fois le contenu mais aussi la structure du document que vous examinez aujourd’hui.
D’abord, exemplarité et mobilisation.
Exemplarité évidemment pour nos lycées, nos BPAL… mais aussi pour nos pratiques : achats, déplacements, compensation…
Mobilisation du territoire : animer, accompagner, encourager, faciliter la mutualisation au travers du club climat mais aussi du travail de l’Arene auprès des collectivités franciliennes ou par la création d’un réseau des achats publics durables.
Ensuite, mobilisation de nos compétences et politiques sectorielles et lancer le chantier de l’élaboration d’une stratégie d’adaptation.
Nos compétences en matière d’aménagement du territoire et de transports d’abord : sdrif, plan de mobilisation, grand paris express, PDUIF… nous l’avons encore vu hier, la mobilisation régionale ne fait aucun doute. Elle est impérative et aura un impact majeur puisque ces secteurs comptent pour 40% des émissions.
Logement et énergie ensuite, 30% du bilan. Notre politique volontariste sur le logement social intègre aujourd’hui pleinement les exigences climatiques.la lutte contre la précarité énergétique est et sera au coeur de notre action. Rénovation et développement des énergies renouvelables au travers de la création d’un opérateur public mais aussi de la révision cet automne de notre politique énergie ou encore le chantier lancé sur la question des métiers du bâtiment.
Travailler enfin, et bien sûr, avec les acteurs économiques. La SRDEI adoptée hier intègre elle aussi cet enjeu transversal. Nous avons identifié deux secteurs stratégiques par leurs importance économique et leur vulnérabilité : le tourisme et l’agriculture.
Concernant l’adaptation, la modestie s’impose. Ce sujet est relativement neuf, le chantier démarre. L’objectif est une stratégie régionale priorisant les enjeux sanitaires, de gestion de l’eau et de biodiversité.
Vous l’aurez compris, notre détermination est entière : anticiper, accompagner, s’adapter plutôt que subir.
C’est pourquoi je vous propose d’adopter aujourd’hui ce plan régional pour le climat, fruit d’un travail intense, vaste et ambitieux. La liste des remerciements serait longue, les acteurs et actrices de ce plan se reconnaîtront.
CherEs collègues,
C’est avec beaucoup de plaisir que je vous présente aujourd’hui, quelques semaines après la communication sur l'impératif écologique, un budget certes stable en volume mais réorienté vers nos priorités.
Dans cet exercice contraint par la conjonction des impacts de la crise économique et l'obsession recentralisatrice du gouvernement, déjà largement décrit par la première vice-présidente, je crois que nous avons réussi un bel exercice.
Budget stable en investissement, en légère progression en fonctionnement mais profondément réorienté. Vous avez pu constater à la lecture du bleu que nous ne nous résignions pas à subir les reculades nationales et le détricotage du Grenelle de l'environnement, bien au contraire, cela nous aiguillone.
Les priorités que je vous présentais le 1er octobre y sont tout naturellement traduites : énergie et climat, agriculture, réduction des déchets, et biodiversité.
Comme vous le savez, nous sommes engagés dans l’élaboration d’un plan climat avec comme objectif de rendre le nécessaire possible. Un budget d’investissement de 45M€ contre 26,6M€, soit une augmentation de 59% nous met en capacité de mettre en œuvre un plan d’action ambitieux et d’intervenir fortement pour la maîtrise des consommations, donc des factures énergétiques, mais aussi le développement des énergies renouvelables. Réduire la précarité énergétique des franciliennes et franciliens, mais aussi de notre territoire très dépendant, est au cœur de nos priorités comme l’a rappelé Emmanuelle Cosse. Nous accompagnerons aussi les collectivités franciliennes dans leurs projets, notamment grâce à l’Arene qui en fait une priorité.
Exemples de projets pour 2011 : rénovation du doublet géothermique de la Courneuve, agence locale de l'énergie du plateau de Saclay, projet solaire coop du PNR du Vexin avec participation citoyenne.
Autre domaine dans lequel il s’agit d’anticiper, d’accompagner plutôt que subir : l’agriculture.
Monsieur le Président, vous avez signé hier l’acte d’achat des terres de Flins les Mureaux, belle victoire, symbole de notre engagement et de la victoire d’un territoire mobilisé, d'associations, sur un projet inique tombé du ciel gouvernemental.
Certes le revenu moyen a augmenté cette année pour certains agriculteurs, mais pas pour tous, il est volatil, fragile, tout comme le sont notre ressource en eau et notre biodiversité. Développer l’agriculture biologique selon la voie tracée par Anny Poursinoff - alors qu'avec la réduction du crédit d'impôt inscrite à la loi de finances nous sommes bientôt seuls - mais aussi accompagner la conversion de nos grandes cultures, créer du lien entre nos villes et nos champs par un développement endogène des filières courtes, développer l’agro-alimentaire de qualité : autant de défis à accomplir avec l’ensemble des acteurs franciliens et l’implication déterminante du CERVIA et de l’AEV.
Aujourd'hui nous accompagnons des centaines d'agriculteurs et agricultrices : 120 en bio, 50 en transition, près de 250 pour la réduction des intrants sans compter le financement d'équipements de première transformation à la ferme.
En matière de déchets, nous avons adopté des plans, nous en préparons deux nouveaux : sur la prévention et sur les déchets de chantier. L’enjeu central, notre priorité, sera la prévention et la réduction à la source, la mise en œuvre exigeante des plans. Citation personnelle : « faire des plans c'est bien, les mettre en oeuvre, c'est mieux ! » je n'ai pas trouvé de référence. Notre objectif que 80% de la population soit couverte par des plans locaux de prévention sera atteint, nous en sommes déjà à 50% !
Nous travaillons là encore de manière partenariale avec l’Ademe, les syndicats, les producteurs et, bien entendu, l’ORDIF qui nous permet de suivre l’évolution de notre territoire et donc la mise en oeuvre des plans.
La biodiversité, enfin. 2010 était l’année de la biodiversité avec le sommet de Nagoya, 2011 sera celle de forêts (25% de notre territoire), de la création de 4 nouvelles réserves naturelles régionales et de l’élaboration de notre schéma régional des cohérences écologiques, trames vertes et bleues esquissées dans le SDRIF et qui permettront d’accompagner un développement respectueux de la nature.
Vous l'aurez compris, chers collègues, si à quelques stations de métro d'ici l'environnement ça commence à bien faire - c'est une citation ! -, en Ile de France, ça ne fait que commencer !